Nous y sommes,
voilà 2 ans jour pour jour que le ciel nous est tombé sur la tête. Je ne vais pas relater encore une fois le déroulement de cette journée maudite.
A 14h35 je déposais Laura chez des amies pour leur anniversaire et en regardant ma montre j’ai eu un pincement
au cœur et j’ai pensé à ceux pour qui il devait arriver la même chose à ce même moment quelque part dans le monde. Comme je les plainds…
Il n’y a rien de pire au monde que de voir la maladie s’abattre sur la tête de votre enfant et de vous dire
mille et une fois « mais pourquoi ce n’est pas tombé plutôt sur moi ! ». Combien de fois j’aurai tout donné pour être malade à sa place, subir les traitements, les examens, les
maux de ma fille. Aujourd’hui encore j’aimerai pouvoir prendre sa place.
Et puis il y a cette culpabilité qui ne vous quitte pas. On cherche désespérément ce que l’on a pu faire ou pas
fait pour que la maladie la touche, on essaie de trouver la cause encore et encore mais en vain car à ce jour on ne sait toujours pas. Parfois j’espère que la recherche progressera pour qu’un
jour je puisse savoir et surtout que l’on puisse s’en préserver.
Même si notre vie a repris, elle n’est plus la même qu’avant ce 10 octobre 2007. La maladie nous a ouvert les
yeux sur un autre monde et nous ne pouvons plus vivre comme s’il n’existait pas. Il nous arrive souvent de pleurer avec mon mari, la détresse des autres nous touche beaucoup plus qu’avant. Notre
sensibilité est devenue énorme, la moindre chose nous fait venir les larmes aux yeux. Ces durs moments ne s’effacent pas et jamais ils ne s’effaceront.
Malgré tout on tente de garder la tête haute, de faire comme si, on rit à nouveau, mais au fond de nous c’est
de la bouillie.
Jamais je n’aurai pu penser que la leucémie deviendrait une partie de notre vie : Laura me réclame ses
cachets chaque jour, aller à l’hôpital ou faire une prise de sang n’a rien d’exceptionnel pour elle, et elle ne comprend pas que ses amies ne sachent pas ce qu’est une ponction lombaire. Quant à
mon fils, lorsqu’il voit un de ses grands-parents arriver sa première remarque est « il vient me garder, Laura va à l’hôpital ? ».
En écrivant ce message, je me dis que le plus important est que nous sommes tous les 4, j’ai vu tant d’enfants
partir que je suis consciente ma chance.
Aujourd’hui, même si ce n’est pas fini, cela fait 2 ans que nous nous battons et c’est nous qui avons
l’avantage !
A suivre…